🎧 Podcast - CEA & GRDF : transformer les boues de station d'épuration en gaz vert grâce à la gazéification hydrothermale

🎧 Podcast - CEA & GRDF : transformer les boues de station d'épuration en gaz vert grâce à la gazéification hydrothermale

Dans cet épisode, avec GRDF, nous partons à la rencontre de celles et ceux qui font avancer concrètement la transition énergétique. Direction les stations d'épuration françaises, pour découvrir une technologie aussi inattendue que prometteuse : la gazéification hydrothermale, un procédé capable de transformer nos boues en gaz renouvelable.

Nous rencontrons Sébastien Quenard, ingénieur R&D au CEA Liten. Porté conjointement par le CEA et GRDF, le projet Gazhyvert explore une voie originale pour produire du gaz décarboné à partir de déchets jusqu'ici difficiles à valoriser - répondant à un double enjeu : augmenter la part des gaz verts sur le réseau et trouver une alternative durable au traitement des boues de stations d'épuration.

Un procédé thermochimique à haute performance

Au-delà de 373°C et de 221 bars de pression - les conditions dites supercritiques - les matières organiques se transforment en gaz. Les intrants sont variés : boues de step, déchets agricoles, déchets chimiques, liqueurs noires. En France, ce potentiel se chiffre en millions de tonnes, représentant une ressource considérable pour la production de gaz renouvelable.

Des co-bénéfices au-delà du gaz

La technologie permet de convertir jusqu'à 90 % du carbone des effluents en gaz injectable sur le réseau. Les sels issus du procédé, riches en potassium et en phosphore, pourraient également être valorisés en engrais - une perspective stratégique dans un contexte de dépendance aux importations aux impacts carbone élevés.

Des verrous technologiques en cours de levée

La faisabilité industrielle est déjà confirmée aux Pays-Bas, où la société SCW Systems opère ce type de procédé. Pour les boues, les défis restent spécifiques : viscosité difficile à pomper, dépôts de sels en conditions supercritiques. Le CEA a développé un système d'injection à haute pression breveté ainsi qu'un procédé de dessalage préalable à la gazéification.

Les prochaines étapes

Passer de 10 kg/h d'intrants à l'échelle laboratoire à 100 kg/h - voire une tonne par heure est le prochain objectif pour atteindre la viabilité technico-économique. Une montée en puissance qui devra s'appuyer sur des financements industriels pour déboucher sur un déploiement à grande échelle en France.

Un échange éclairant qui illustre comment la recherche publique, portée par des acteurs comme le CEA et GRDF, peut transformer une contrainte le traitement coûteux des boues en véritable opportunité pour la transition énergétique.