BioCO₂ Nancy : un démonstrateur de bioCCS agricole à l’étude en Lorraine

BioCO₂ Nancy : un démonstrateur de bioCCS agricole à l’étude en Lorraine

En Lorraine, le projet BioCO₂ Nancy pourrait devenir l’un des premiers démonstrateurs français de bioCCS appliqué à la méthanisation agricole. Son objectif : capter le CO₂ biogénique séparé lors de la production de biométhane, puis l’acheminer vers un site de stockage géologique afin d’éviter son retour dans l’atmosphère.

Le projet réunit trois unités de méthanisation situées près de Nancy : Meurthenergie, Mortagne et Méthanisation Seille Environnement. Ensemble, elles pourraient représenter un potentiel d’environ 10 000 tonnes de CO₂ biogénique stockées chaque année à partir de 2027. Au-delà du volume capté, l’enjeu est surtout de poser les premières briques industrielles, économiques et réglementaires d’une future filière française des émissions négatives.

Cette approche s’inscrit dans une évolution importante pour la filière biométhane. Lorsqu’une unité de méthanisation produit du biométhane, le biogaz est épuré afin de séparer le méthane du CO₂. Ce CO₂ est d’origine biogénique, car il provient de matières organiques récentes. S’il est capté puis stocké durablement, il peut contribuer à retirer du carbone du cycle atmosphérique.

Le projet est également intéressant car il s’inscrit dans la continuité des travaux d’innovation accompagnés par GRDF. Carbon Impact, acteur impliqué dans cette dynamique, fait partie des anciens lauréats des appels à projets GRDF. Cette trajectoire illustre le rôle que peuvent jouer ces dispositifs pour faire émerger de nouvelles solutions autour du biométhane, du CO₂ biogénique et de la décarbonation des territoires.

En parallèle, GRDF contribue au projet NeoStock, aux côtés notamment du BRGM et de l’Université de Lorraine. Ce projet vise à étudier la possibilité de stocker le CO₂ biogénique à proximité des méthaniseurs. L’enjeu est de rapprocher, à terme, production de gaz renouvelable, valorisation des déchets agricoles et gestion locale du carbone, tout en limitant les besoins de transport.

Pour les unités de méthanisation, cette perspective ouvre une nouvelle voie de valorisation. Le biométhane continuerait d’être injecté dans les réseaux, tandis que le CO₂ issu de l’épuration pourrait être capté et stocké de manière permanente. Cette complémentarité renforcerait le bilan climatique de la filière et pourrait contribuer à structurer une économie territoriale du carbone.

Prévu au plus tôt à partir de 2027, BioCO₂ Nancy reste un projet en cours d’étude. Mais il témoigne d’un mouvement de fond : la méthanisation agricole ne se limite plus à la production de gaz renouvelable. Elle pourrait aussi devenir un levier de stockage durable du carbone biogénique, au service de la transition énergétique et climatique.

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