Eminex : un additif pour réduire les émissions de méthane du fumier et du digestat

Eminex : un additif pour réduire les émissions de méthane du fumier et du digestat

La méthanisation constitue l’un des leviers importants de la transition énergétique, en permettant de valoriser des matières organiques en biogaz ou en biométhane. Mais la filière doit aussi maîtriser ses propres émissions, notamment celles liées au stockage des intrants et des digestats.

Avant ou après digestion, les lisiers, fumiers et autres matières organiques peuvent être stockés pendant plusieurs semaines. Durant cette période, leur dégradation naturelle peut générer des émissions de méthane, un gaz à effet de serre particulièrement puissant. Ces émissions fugitives constituent un enjeu important pour améliorer le bilan environnemental global des unités de méthanisation.

C’est dans ce contexte que l’additif Eminex, développé par Alzchem, suscite l’intérêt. Utilisé directement sur le fumier ou le lisier stocké, il agit sur l’activité des micro-organismes responsables de la production de méthane. L’objectif : réduire les émissions pendant la phase de stockage, sans modifier lourdement les infrastructures existantes.

Les résultats du projet de recherche EMeRGE, mené en Allemagne sur plus de trois ans par le Leibniz Institute for Agricultural Engineering and Bioeconomy avec Alzchem, confirment un potentiel significatif. Dans certaines conditions de stockage estivales, l’ajout d’Eminex a permis de réduire jusqu’à 97 % les émissions de méthane issues du stockage de fumiers bovins et porcins. Des effets positifs ont également été observés sur les pertes d’azote, avec une meilleure disponibilité pour les cultures.

L’intérêt de cette solution réside dans sa simplicité d’usage. Contrairement à des équipements plus lourds, comme les couvertures étanches de fosses de stockage, l’additif peut être appliqué directement sur les matières organiques. Il pourrait donc constituer une solution rapidement mobilisable pour les exploitations agricoles et les unités de méthanisation souhaitant réduire leurs émissions.

Pour les installations de biogaz, les essais indiquent également que l’additif ne bloque pas le processus de méthanisation après une phase minimale de stockage. Dans certaines conditions, les rendements en méthane pourraient même progresser, notamment après un stockage prolongé à température élevée.

Ces résultats doivent toutefois être suivis avec attention. L’utilisation d’un additif sur des matières destinées à être épandues soulève nécessairement des questions réglementaires, agronomiques et environnementales. L’impact à long terme sur les sols, les cultures et la qualité du digestat devra être clarifié avant une diffusion plus large.

Pour la filière biométhane, ce type de solution est néanmoins intéressant. À mesure que les critères de durabilité des gaz renouvelables se renforcent en Europe, la réduction des émissions fugitives devient un enjeu clé. Des solutions simples, peu intrusives et compatibles avec les installations existantes pourraient contribuer à améliorer rapidement le bilan carbone des unités en fonctionnement.

Pour GRDF, qui accompagne le développement du biométhane injecté dans les réseaux, ces innovations méritent une veille attentive. En réduisant les émissions liées au stockage des intrants et du digestat, elles pourraient renforcer la performance environnementale de la filière gaz vert et contribuer à sa compétitivité dans les trajectoires de décarbonation.

En savoir plus 👉 Eminex® Significantly Reduces Methane Emissions | Alzchem Group