Quel impact du changement climatique sur le potentiel de biomasse des CIVE ?

Quel impact du changement climatique sur le potentiel de biomasse des CIVE ?

Quel impact du changement climatique sur le potentiel des CIVE ?

Les Cultures Intermédiaires à Vocation Énergétique, ou CIVE, sont cultivées entre deux cultures principales. Elles permettent de produire de la biomasse pour la méthanisation, tout en rendant des services agronomiques : couverture des sols, limitation de l’érosion, piégeage des nitrates ou encore apport de matière organique.

Elles représentent donc un levier important pour le développement du biométhane. Dans les scénarios Transition(s) 2050 de l’ADEME, les CIVE pourraient contribuer à 35 à 45 % de la production de biométhane par méthanisation. Leur potentiel futur est donc un sujet stratégique pour la filière.

Un impact modéré pour les CIVE d’hiver

Une étude menée par ARVALIS et ENGIE s’est intéressée à l’impact du changement climatique sur ces cultures. Les résultats montrent que les CIVE d’hiver devraient être relativement peu pénalisées.

L’augmentation des températures pourrait favoriser la production de biomasse dans certaines régions, notamment dans le Nord-Est. Le risque de gel sévère devrait aussi diminuer, tandis que les cultures atteindraient plus rapidement leurs stades de développement. Cette évolution pourrait permettre des récoltes plus précoces et faciliter l’implantation de la culture suivante.

Le risque hydrique reste la grande inconnue

Ces effets positifs restent toutefois à nuancer. L’évolution des précipitations demeure très incertaine. Selon les territoires, le manque d’eau pourrait limiter la croissance des cultures. À l’inverse, un excès d’eau en hiver pourrait compliquer leur implantation, notamment en cas de sols saturés. Le risque hydrique reste donc l’un des principaux points de vigilance pour évaluer le potentiel futur des CIVE.

Des CIVE d’été plus exposées

La situation apparaît plus préoccupante pour les CIVE d’été. Avec des étés plus chauds et potentiellement plus secs, le risque d’échec cultural devrait augmenter, quelle que soit l’espèce implantée. La disponibilité en eau devient donc un facteur clé pour sécuriser leur production.

Adapter les pratiques pour sécuriser le potentiel

Ces résultats montrent que le changement climatique ne remet pas en cause le rôle des CIVE dans la méthanisation, mais qu’il impose d’adapter les pratiques. Le choix des espèces, les dates de semis, la gestion de l’eau et les modèles de prévision devront être affinés pour mieux anticiper les rendements.

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